Comprendre le droit de l'animal

7 – La sphère politique

POLITISER LA QUESTION ANIMALE

La question animale se politise partout en Europe. Fondé en 2016, le parti animaliste français crée la surprise aux européennes 2019 en recueillant 2,2% des suffrages. En Espagne et aux Pays-Bas, les partis de défense de la cause animale obtiennent respectivement 1,5 et 3,6% des voix. L’opinion publique compte et la question animaliste a gagné du terrain.

Aujourd’hui dans l’hémicycle, me confie-t-on, le sujet n’a jamais été aussi prégnant. Ce n’est pas, certes, la priorité, mais les députés ont de plus en plus de mal à assumer leurs votes en défaveur des animaux. Lancé par L214, le site Politique et Animaux permet d’ailleurs de rendre plus accessibles et transparentes les prises de position des représentants politiques. 

Un groupe d’étude de 44 députés s’intéresse aux problématiques de l’éthique animale. Présidé par Loïc Dombreval (LREM), il constitue un lieu de travail privilégié pour faire avancer la condition animale.

Plusieurs partis défendant l’antispécisme ont également été créés en France ces trois dernières années dont le REV et le PACTE. L’antispécisme rejette l’idée selon laquelle une espèce (en l’occurrence l’espèce humaine) est supérieure à une autre et aurait le droit de vie et de mort et d’exploitation sur une autre. Les antispécistes militent pour la fin de l’exploitation de l’animal par l’homme.

FAIRE SOCIÉTÉ AVEC LES ANIMAUX

Au delà d’un programme d’actions pour réhabiliter la protection et les intérêts des animaux, il existe peu de projets politiques qui réinventent en profondeur la relation humain-animal. L’ouvrage Zoopolis fait l’exercice d’une des premières théories politiques du droit des animaux.  

Les auteurs Donaldson et Kymlicka soutiennent que les droits et les devoirs relationnels entre humains peuvent et doivent s’appliquer aussi aux animaux non-humains. Pour ce faire, les auteurs répartissent ces derniers en trois grandes catégories en fonction des relations qu’ils entretiennent avec les sociétés humaines :

  1. Les animaux sauvages qui vivent dans des espaces inhabités par les humains, à qui on attribuerait des droits de souveraineté.
  2. Les animaux « liminaux » qui mènent une existence indépendante dans des zones peuplées d’humains à qui on attribuerait le droit de résidentialité.
  3. Les animaux domestiques, qui se trouvent dans une position totalement subordonnée et qui accéderaient à la citoyenneté.