Faire avancer les droits des animaux

2 – Créer un Ministère et des Assises de la protection animale

“Il y a un conflit d’intérêts évident. Un ministre qui travaille en étroite collaboration avec les filières agricoles, lesquelles poussent pour l’immobilisme sur cette question, ne fera jamais rien pour le bien-être animal, à part faire semblant de s’en soucier”

Brigitte Gothière, Fondatrice L214.


La protection animale est aujourd’hui sous l’égide du ministère de l’Agriculture. La présence en août 2019 du Ministre Didier Guillaume à une corrida a relancé la polémique et le conflit d’intérêts entre agriculture et protection animale. Avec 63 millions d’animaux de compagnie et plus d’1 milliard d’animaux terrestres élevés chaque année sur notre territoire, sans compter les animaux sauvages, n’est-il pas temps de créer des structures institutionnelles dédiées à leurs intérêts ?

UN MINISTERE DE LA PROTECTION ANIMALE

Dans son programme, le Parti Animaliste propose de « créer un ministère de la Protection animale, comprenant une direction consacrée à la protection des animaux aquatiques. De nombreuses associations de défense des animaux dont L214 et la Fondation Brigitte Bardot, demandent depuis longtemps de reconsidérer la place du bien-être animal au sein de l’action gouvernementale et notamment de retirer la compétence du bien-être animal au ministère de l’Agriculture. Cette mesure semble incontournable pour prendre sérieusement en considération les intérêts des animaux.

L’exemple de la Wallonie est souvent cité en exemple en la matière. Là-bas, le bien-être animal est sous l’égide du ministère de l’Environnement. En 2018, le pays a adopté un “code du bien-être animal”, dont le suivi est assuré par une administration dédiée. L’interdiction des poules pondeuses en cages, des delphinariums et l’installation de vidéosurveillance dans les abattoirs y sont généralisés. 

En 2020, le gouvernement espagnol crée la première Direction générale de la Protection Animale. C’est inédit. Son premier objectif sera d’essayer de rassembler les compétences liées au sort des animaux, réparties entre quatre ministères. Puis elle devra incorporer dans l’organe juridique national les directives européennes sur la maltraitance et de mettre en oeuvre une loi sur le bien-être animal. Le pacte gouvernemental entre le PSOE et Podemos prévoit que le nouveau gouvernement promouvra une loi sur le bien-être animal “qui garantit une relation respectueuse envers tous les êtres vivants“.

DES ASSISES NATIONALES DE LA QUESTION ANIMALE

La création de ce Ministère pourrait s’accompagner d’Assises nationales ou Grenelle des Animaux de manière à poser ce sujet au centre du débat démocratique et avancer vers des solutions concertées. Alimentation, recherche, divertissements, consommation… Cette question concerne plus que jamais l’ensemble des citoyens. Il est temps nous interroger en profondeur sur les liens que nous voulons bâtir avec les êtres vivants avec qui nous partageons l’espace. 

Deux chercheurs indépendants, Thomas Lepeltier et Yves Bonnardel réclament eux aussi des assises nationales de la question animale où il sera question de réfléchir à la meilleure façon d’abolir toutes les activités fondées sur l’exploitation des animaux. Selon eux, il s’agit d’une question urgente de justice… Cette tribune signée par de nombreux universitaires dont Aurélien Barrau est à retrouver ici.

L’OPINION PUBLIQUE

71% des français sont favorables à ce que la protection animale figure dans l’intitulé d’un ministère, selon un sondage IFOP de 2018 (source : L214).
Une pétition existe déjà
ici en faveur de la création d’un Ministère dédié.
Elle a recueilli plus de 78 000 signatures.