STORY#2 – KM100-200 – LE SOULIE👉FOLCARDE

Au programme de cette semaine et dans le désordre : une pluie qui n’arrivât jamais, un départ trop tardif, une bâtisse un peu étrange, des lapins qu’on donne à manger aux chiens, une porcherie glauque, un écureuil prévoyant, un pied récalcitrant, une forêt brumeuse, quatre mamies sur un banc, un rugbyman-ostéopathe-avec-l’accent, des champs retournés et un chat malchanceux.  

Cette semaine fut comme les paysages que j’ai traversé. Mitigée. Entre pluie et soleil. Entre plateaux et vallées. Entre hauts et bas. Entre été et hiver, tantôt soufflant le chaud, tantôt soufflant le froid. Parfois les deux en même temps.  

Je commence à m’habituer à l’alternance du mouvement, au rythme des départs et des arrivées. Avec la même impatience à chaque fois. Celle d’arriver au chaud et de me poser après une grande journée de marche, et celle de me remettre en action pour repartir vers de nouvelles aventures.  

Les bonjours et aurevoirs prennent une dimension particulière, celle des premières fois toujours, des dernières fois peut-être. Un chemin à la croisée de personnes accueillantes, admiratives et bienveillantes qui ponctuent mes pas de mots gentils et de cadeaux sucrés comme ces 4 muffins vegans que je transporterai avec moi comme un trésor. Chaque journée qui passe est une petite aventure : rencontres improbables, décor inédit, réflexions nouvelles… C’est si riche de se mettre en mouvement !

Après une première semaine réussie, je démarre donc cette nouvelle semaine confiante. Je quitte la vallée de l’Orb en direction du Lauragais qui doit son nom à sa terre profonde, sans eau et sans cailloux. Les châtaigneraies et les forêts humides cèdent peu à peu la place à des champs nus et glaiseux à la terre retournée.

Une semaine en demie-teinte donc.

En demie-teinte, la forme physique. Un départ trop tardif, un parcours dans une forêt sombre et brumeuse, un peu de stress et une mauvaise estimation de mes limites me valent une inflammation de la cheville. Et pour être bien sûre que je me repose, ce frelon qui me piquera sous l’autre pied et qui transformera définitivement l’aventure en un jour de repos et une étape en stop.

En demie-teinte, les rencontres. Avec cet éleveur de truies par exemple, chez qui je pénétrerai sans invitation : cour sale, odeur pestilentielle, mouches et asticots grouillants dans des bacs, bâtiments déglingués, grognements et cris de cochons. Un long et pénible entretien d’où je ressortirai avec la nausée, et désabusée.   

En demie-teinte, ce sĂ©jour au sein d’une grande bâtisse dans laquelle je n’aurais pas Ă©tĂ© surprise de voir bouger les objets tout seuls. Et avoir assistĂ© Ă  une cohabitation Ă©trange entre canards, oies, poules en libertĂ©, chiens choyĂ©s et lapins destinĂ©s Ă  devenir leur pâtĂ©. « We have to be cruel to be kind » me dira avec une tendresse glaciale mon Ă©trange hĂ´tesse. J’ai l’impression d’être dans un film d’Hitchcock.

En demie-teinte, les paysages façonnés par l’homme. Des champs retournés à perte de vue, des kilomètres durant. On y devine du tournesol, du maïs et du blé. Quelques papillons les survolent encore, même eux semblent se demander ce qu’ils font là. Puis j’atteins le Canal du Midi et sa somptueuse voute arborée, patrImoine mondial de l’Unesco. Une petite enclave de nature artificielle entre deux immenses bandes de culture intensive.

En demie-teinte, la satisfaction de ce que j’ai produit cette semaine. Beaucoup de contenus que je ne vous ai pas partagé. Peur de vous ennuyer, d’en dire trop ou pas assez, de vous lasser, de vous choquer, de me répéter, d’être trop précise ou trop floue, trop technique ou trop simpliste. Je me teste. Je tâtonne. J’hésite encore. Les certitudes font place au doute. La professionnelle, pour elle, ne sait plus. 

Et puis toutes ces questions improbables qui jaillissent en marchant :

  • Les canards vivent-ils en couples ?
  • Comment s’appelle cette fleur ?
  • Pourquoi est-ce interdit de nourrir les pigeons ?
  • Que ressentent les poissons lorsqu’on les pĂŞche ?
  • Pourquoi a t’on le droit de tuer les insectes ?
  • Un animal enfermĂ© peut-il ĂŞtre heureux ? 
  • Ce chien va t’il me mordre ? 🙂

Et puis ces dizaines de messages, de likes, de partages d’émojis, qui m’étonnent et me réchauffent à chaque pas. Et puis, en réponse à vos mots doux, cette question qui me brûle les doigts : comment être à la hauteur de vos encouragements et de l’espoir que j’ai placé en moi ?

Me voici à présent chez des amis, pour trois jours de break. 

Je dois ressaisir entre mes deux mains mon objectif. 

Je dois me recentrer sur l’étape toulousaine. 

Cet écrit est sans doute à l’image de mon récit intérieur. 

Un peu confus, traversé par des sentiments contradictoires, des questions mal formulées et des réponses inachevées. Quelque chose me dit que je vais devoir leur faire une place confortable, car tout ce petite monde a envie de s’installer.

En mĂŞme temps, les certitudes me font changer de trottoir.

Ça veut dire que j’ai pris le bon chemin non ?

Vos pensées marchent avec moi.

Merci d’être lue. Merci d’être là. 

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